L'ump des droits de l'hommiste et de zephir
Enfants de sans papier
Un maire ump a refusé la cantine scolaire à deux jeunes élèves - 3 et 5 ans - dont les parents sont sous le coup d'une prochaine reconduite à la frontière
"Deux enfants de 5 et 3 ans, sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière, se sont vu interdire l'accès à la cantine de leur maternelle, le maire UMP de Digoin (Saône-et-Loire) Maxime Castagna ne souhaitant pas "se mettre en travers" de la justice, a-t-on appris vendredi auprès de RESF.
"La mère des deux enfants, une Congolaise enceinte de 8 mois d'un citoyen français, a reçu une lettre signée par le maire, indiquant que Gracia et Beni ne seraient plus acceptés à la cantine de leur école à partir du 27 septembre, sans donner de motif", a indiqué à l'AFP un membre de RESF (Réseau éducation sans frontières), Jean-Michel Labonne.
Contactée par l'AFP, la mairie a expliqué qu'"elle ne souhaite pas se mettre en travers d'une procédure préfectorale, cette famille étant sous le coup d'une reconduite à la frontière" depuis juillet, selon le directeur général des services de la ville, Philippe Chicault.
Accueillir les enfants à la cantine serait aller "dans le sens inverse d'une décision de justice", a-t-il ajouté, tout en soulignant que la procédure de reconduite à la frontière ne justifie pas à elle toute seule le refus d'inscrire ces enfants à la cantine.
Une quinzaine de personnes ont manifesté vendredi devant l'école maternelle Centre de Digoin pour protester contre "cette décision scandaleuse, entachée d'irrégularité". RESF envisage de porter l'affaire devant le tribunal administratif.
Dans un communiqué, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), affirme avoir accueilli la décision du maire "avec stupeur et consternation" et dit étudier "toutes les suites judiciaires à donner à cet affront fait à la dignité des enfants et de leurs familles".
"Instrumentaliser politiquement des enfants pour servir une politique à la fois cruelle et inhumaine relève de l'indécence, de l'immoralité et de l'irresponsabilité", estime le Mrap.